Je te le dis sans détour : quand j’ai entendu parler du livre d’Oh Faon !, cette petite pâtisserie marseillaise qui fait parler d’elle depuis 2018, je me suis dit que c’était exactement le genre de projet qui méritait d’être raconté. Parce que franchement, réussir à faire de la pâtisserie végane un truc qui donne envie à tout le monde, même aux sceptiques comme moi il y a quelques années, c’est un sacré pari.
Jérôme Raffaelli et Kevin Yau ne se sont jamais contentés de surfer sur une tendance. Ils ont construit leur truc avec patience, dans le quartier de la Préfecture à Marseille, sans jamais déménager. Et aujourd’hui, ils publient chez La Martinière un ouvrage qui compile cinquante recettes, mais qui va bien au-delà de la simple collection de gâteaux sans œufs ni beurre.
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ToggleUn duo complémentaire qui bouscule les codes de la gourmandise
Ce qui me intrigue dans leur histoire, c’est que ces deux-là n’ont rien d’évident sur le papier. Jérôme, petit-fils de boucher aubagnais devenu végétarien, a d’abord travaillé comme assistant réalisateur avant de se plonger dans l’univers de la pâtisserie. Kevin, lui, sort d’HEC et s’occupe du marketing et de la gestion. Deux parcours différents, une vision commune : prouver que la pâtisserie sans produits d’origine animale peut rivaliser avec n’importe quelle création traditionnelle.
Leur binôme fonctionne parce qu’ils se complètent. Comme le dit Jérôme avec une pointe de malice : « Oh Faon !, c’est Jérôme et Kevin ou Kevin et Jérôme, à toi de choisir. » Cette symétrie se retrouve dans leur approche : technique d’un côté, stratégie de l’autre, mais toujours avec cette envie de rester accessibles.
| Aspect | Jérôme Raffaelli | Kevin Yau |
|---|---|---|
| Formation | Assistant réalisateur, pâtissier autodidacte | HEC Paris |
| Rôle | Création et technique pâtissière | Marketing et gestion |
| Particularité | Végétarien, petit-fils de boucher | Origines franco-cambodgiennes |
Une philosophie de quartier au cœur d’un livre accessible
Ce que j’apprécie particulièrement dans leur démarche, c’est cette vision de boutique de quartier qu’ils ont érigée en principe. Pas de volonté d’expansion démesurée, pas de multiplication des points de vente. Juste une équipe de quinze personnes, fidèle au poste depuis des années, qui fait tourner cette adresse devenue incontournable.
Leur livre, sobrement intitulé Oh Faon !, porte d’ailleurs ce sous-titre révélateur qui met en avant cette philosophie de proximité. On y trouve :
- Cinquante recettes testées et approuvées par leur clientèle fidèle
- Un retour d’expérience honnête sur huit années de tâtonnements techniques
- Une réflexion éthique sur la pâtisserie sans compromis sur le goût
- Des astuces pour remplacer œufs, beurre et lait sans perdre en texture
Je trouve ça plutôt malin de leur part : au lieu de te vendre un discours moralisateur sur le véganisme, ils te proposent simplement de découvrir ce qui les fait vibrer. Pas de leçon, juste de la gourmandise sincère.
Quand la curiosité devient une référence culinaire
Au départ, les gens venaient chez Oh Faon ! par curiosité. « Une pâtisserie végane à Marseille ? Voyons voir ce que ça donne. » Aujourd’hui, ils reviennent par pur plaisir. Cette évolution, c’est exactement ce qui rend leur parcours inspirant. Ils ont réussi à transformer une niche un peu confidentielle en véritable référence.
Leur livre témoigne de cette transformation. Tu y retrouves des recettes qui rappellent parfois les meilleures recettes de cookies maison à tester, mais revisitées avec cette touche végane qui ne sacrifie rien au plaisir. Parce que franchement, c’est ça le défi : proposer une alternative qui ne soit pas un ersatz tristounet, mais une vraie création qui tient la route.
Moi qui passe mon temps à partager des recettes sur JavaPop, je respecte cette volonté de rendre accessible ce qui pourrait sembler compliqué. C’est exactement ce que j’essaie de faire au quotidien : donner envie, rassurer, et surtout prouver que cuisiner, c’est avant tout un moment de partage.
